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5 sens : Drawn Together, l’essence de la télé-réalité

La série plus trash qu’American Dad et South Park réunis

Série d’animation passée totalement inaperçue en France, Drawn Together va beaucoup plus loin dans l’humour salace que la pionnière du milieu South Park. Mais alors que cette dernière lançait sa 18e saison l’année dernière, la parodie de télé-réalité n’a tenu que trois saisons avant d’être déprogrammée. Dommage.

 

La télé-réalité parodiée

Huit personnages de dessins animés se retrouvent enfermés dans un loft à la Secret story pour vivre comme de vrais candidats de télé-réalité. Ils vont donc se toucher la nouille, se bourrer la gueule et se prendre la tête jusqu’à s’entre-tuer. Jusque là, rien de bien original comparé aux Anges de la télé-réalité…

En dehors des personnages qui sont de vrais miroirs grossissant des candidats de ce genre d’émissions, les épisodes reprennent les lieux communs des émissions de télé-réalité. Sur la base de l’émission d’enfermement, on observe les personnages via les « un million de caméras » positionnées dans le loft. Chacun peut se rendre au confessionnal pour vider son sac. Les candidats auront à relever des défis pour remporter des objets de conforts – une machine à coudre – leur place pour continuer l’émission, etc. Les épisodes finaux des deux dernières saisons sont des primes en plateau où on revoit les meilleurs passages de la saisons avant de savoir lequel des personnages quittera la série.

La série est en fait un mix de toutes les déclinaisons possibles du genre télévisuel. Le dernier épisode est une parodie d’un télécrochet à la X Factor. Un passage montre les personnages expédiés sur une île où un Denis Brogniart américain arrive à dos de dauphin. Le sexe est présent dans chaque épisode, sans exception, si bien qu’on se croirait sur une Île de la tentation où la pansexualité est poussée à l’extrême (les personnages tendent à la zoophilie, à la nécrophilie, etc.).

 

Des candidats caricatures d’eux-mêmes

Pour un peu mieux comprendre le concept – si concept il y a – attardons-nous sur les huit personnages principaux. Ce sont des sosies de personnages connus de tous plus ou moins.

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Captain Hero, le Superman raté.

Captain Hero

Super héro à deux sous, il n’a de commun avec Superman que le style vestimentaire et les pouvoirs. Oscillant entre une attitude de mâle hyper viril à la sexualité plus qu’ambiguë et celle d’une jeune fille effarouchée, Captain Hero ne serait pas la personne à laquelle on penserait pour nous sauver d’un immeuble en flammes.

 

 

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Princesse Clara, raciste ahurie.

Princesse Clara

Le rapprochement avec la ribambelle des princesses de chez Disney est limpide. On ne saurait dire à laquelle elle ressemble le plus, un mélange entre Belle (La Belle et la Bête) et Arielle, la petite sirène peut-être ? Toujours est-il que ses manières de princesses sont extrapolées pour la rendre raciste et bourrée de préjugés : « Je suis bouleversée par ce que Foxxy a fait, je croyais que ces gens-là jouaient du banjo, pas des poings… » Le prix qu’elle paye est une malédiction que lui a lancée sa belle-mère quand elle était petite : un octopissou, épisode 2 saison 1 pour savoir ce que c’est.

 

 

 

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Xandir, Link très efféminé.

Xandir

Tout comme Link, dans The Legend of Zelda, Xandir « mène une quête sans fin pour sauver [sa] chère fiancée ». Bon d’accord, avant de se rendre compte qu’il est gay (saison 1, épisode 3). S’en suis alors une quête infinie pour avoir le cœur de Captain Hero. A noter qu’il se fait également harceler par le personnage suivant.

 

 

 

 

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Toot, sex symbol des années 20.

Toot Braunstein

Voici la candidate la plus victimisée de ce reality show. 20 ans, sex symbol des années 20, boulimique, alcoolique, se scarifiant pour s’apaiser après une colère. Un personnage totalement sain d’esprit… Cette Betty Boop has been est totalement réduite à sa corpulence : elle mange tout ce qu’elle voit (la télévision dont elle a perdu la télécommande, un requin, d’autre personnages), elle est perçue, dans un épisode, comme une vache sacrée par des Indiens, ou comme une baleine échouée sur une plage dans un autre.

 

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Spanky, un gros porc de cochon.

Sanky Ham

Parodie des personnages de films d’animations Flash sur internet, Spanky est un cochon et, sur certains points, un porc. Il est le porteur de l’humour scatophile, très présent dans la série également.

 

 

 

 

 

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Foxxy, la nymphomane.

Foxxy Love

Référence plus ancienne, Foxxy est la sœur nymphomane de Valérie dans Josie and the Pussicats, une série de bande dessinées des années 60 adaptée à la télévision la décennie suivante. Elle parodie également le style des dessins animés produits par Hanna-Barbera Productions (Scooby-Doo, La Famille Pierrafeu, etc.). Et, au vu du ton de la série, Foxxy représente le stéréotype de la femme afro-américaine.

 

 

 

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Ling-ling, parodie de Pikachu.

 Ling-ling

Un Pikachu capable d’utiliser l’attaque Balle ombre ?! Oui, oui c’est possible. Ce personnage-ci est le plus caricatural. À commencer par son histoire : à peine sorti de sa poképyramide – oui parce que sortir d’une ball c’est vraiment bizarre – Ling-ling attaque son dresseur : il l’assomme et joue ensuite avec ses entrailles… En bon cliché japonnais, la mignonne petite souris s’exprime dans un jargon pseudo-asiatique sous-titré. Dans la maison, il commence par vouloir combattre tout le monde, avant que Xandir, Toot et Wooldor ne découvrent qu’il a des capacités hallucinogènes (saison 1, épisode 5).

 

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Wooldoor Sockbat, aussi taré que Bob l’éponge

Wooldoor Sockbat

Aussi tordu que Bob l’éponge, Wooldoor est le personnage burlesque et souffre-douleur de la bande. Il endosse des rôles de médecin, de psychologue, de prêtres, etc. Il est le seul survivant du génocide de son espèce orchestré par la famille de Charlotte aux fraises (Stramberry sweetcake) qui les utilisait pour faire des gâteaux (saison 2 épisode1).

 

 

 

 

Du cliché à revendre

Avec ce genre de série, on pourrait s’attendre à ce que toutes les scènes trashs aient un but « moralisateur », comme dans South Park où Stan et Kyle finissent souvent leurs aventures loufoques par un « Vous savez, j’ai appris un truc aujourd’hui ». Les créateurs de Drawn Together ne l’entendent pas ainsi, et tous les épisodes sont trashs, remplis d’allusions sexuelles, racistes, discriminatoires, gratuitement. Ce qui pourrait expliquer sa rapide déprogrammation…

Drawn Together

Cependant, chacun en prend tellement pour son grade qu’on ne peut reprocher aux créateurs un quelconque acharnement sur un groupe particulier. Et ce sont les personnages considérés comme des exemples à suivre (le super héro, la belle princesse, la gentille petite fille) qui deviennent les pires ordures.

On ne conseillera pas cette série à ceux qui n’apprécient pas l’humour noir et très en dessous de la ceinture. Ni à ceux qui n’aime pas les séries d’animations en général. Mais pour les amateurs d’American Dad et de South Park, si vous ne la connaissiez pas déjà, cette série dépassera toutes vos espérances car chaque épisode part encore plus loin que ses homologues. Les histoires peuvent parfois être moins recherchées, mais ne sommes-nous pas dans une télé-réalité ?

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