À lire d'urgence

Photoreportage. L’ancien Palais de Justice de Dakar

 

LES VIEUX PAPIERS DE LA JUSTICE (Dakar 2016)

  • Les Portes de la JusticeInauguré le 26 décembre 1958, sur les hauteurs du cap Manuel (au sud de la presqu'île), l'ancien Palais de Justice de Dakar a été abandonné il y a plus de dix ans, les fondations instables rendant l'occupation des lieux dangereuse. Depuis 2005, le bâtiment est censé être sécurisé de toute intrusion, mais on y entre comme chez soi. Voyez plutôt.
  • CapharnaümAlors qu'il devait être rempli de magistrats dans ses plus grandes années (lors de l'affaire Mamadou Dia en 1963 par exemple), le hall d'entrée du Palais grouille aujourd'hui de milliers de papiers de toute sorte. On ne voit plus le sol autour de la cour intérieure...
  • Les Piliers de l'administrationLes anciens bureaux, anciennes chaises, classeurs et autres meubles ont été laissés là, comme si tout le monde était parti en laissant tout derrière lui. Mais le mobilier fait partie des choses classiques que l'ont trouve ici.
  • Level designL'endroit est complètement improbable. On se croirait à l'intérieur d'un jeu vidéo. Chaque pièce contient des objets de plus en plus improbables. Et débouche sur un dédale de couloirs plus ou moins sombres.
  • Les Roues de FortuneQue font des dizaines de pneus à l'intérieur d'un tribunal ? Un garagiste riverain venu ranger son stock peut-être, quoique fort improbable.
  • Interrogatoire
  • House of cardsCelui qui l'a placé ici a tourné ce fauteuil dans le mauvais sens. "Appel correctionnel" peut-on lire sur le panneau à gauche.
  • Zone interditeDerrière le mur opposé à l'entrée principale, au fond de la salle des pas-perdus, après avoir traversé la cour intérieure, se dressent les portes encore écarlates de la Cour suprême.
  • La Cour !Salle impressionnante. La majesté passée de l'hémicycle persiste grâce aux sièges qui en imposent, bien qu'éventrés et poussiéreux, quand la table des magistrats renversée sur elle-même et la barre des témoins gisant au sol montrent le dur présent. Toujours autant de paperasse que plus personne ne viendra chercher.
  • Vous pouvez vous asseoirEncore sous surveillance policière constante en 2014, selon un reportage de piccmi.com, le tribunal ne semble aujourd'hui plus gardé. Qualifié de "joyau du cap Manuel", le site du Palais pourrait être réhabilité pour "ériger le siège du Ministère de la Justice, la Cour de Cassation ou le Conseil constitutionnel" selon Mamadou Guèye, ingénieur.
  • Supporters
  • La séance est levée"La création de la Cour suprême est l’ultime geste politique de Mamadou Dia qui en a signé le décret de création en septembre 1960, quelques jours à peine avant que Senghor ne lui succède.", Jean-Pierre Bat, chercheur et docteur en histoire, dans une publication du 20 décembre 2015, pour Libération.
  • InfobésitéÀ l'étage du grand tribunal, la bibliothèque est tout aussi stupéfiante. Des centaines de livres de droit, de documents et d'archives jonchent le sol. Hormis le fait qu'ils soient couverts de poussière, tous les ouvrages sont en bon état, comme s'ils n'avaient pas subi la forte humidité des périodes d'hivernage.
  • À la recherche du temps perdu"Il y a également des dossiers de personnes détenues qui sont dispersés dans le tas de paperasse qui git sur le sol. Des gens qui n’ont jamais été jugés jusque là, peut-être même que certains sont toujours en prison qui sait ! Peut- être même qu’ils ne vont jamais être jugés, car leurs PV sont encore ici", un agent de la société de transports en commun Dakar Dem Dikk.
  • Autodafé"Pour l’instant, il [le Palais de Justice, ndlr] abrite des archives et documents importants mais pas stratégiques, d’après l’autorité du Ministère de la Justice" cite piccmi.com. Mais importants ou pas, il serait tout bonnement impossible de réutiliser quelque document que ce soit... Allez retrouver des documents portant sur une affaire vieille de vingt ans là-dedans.
  • Passé décomposéCertains ouvrages de droit ont été laissés là sûrement parce qu'anachroniques... Mais des trésors historiques se cachent certainement dans les décombres. Si tant est qu'on ait du souffle et qu'on ne soit pas allergique à la poussière...
  • ÉchappatoireL'un des deux passages mène à la sortie, l'autre à la Cour suprême. Liberté ou jugement, telle était la question.
  • Affaire classéeUn procès verbal, ramassé au hasard : « Enquête préliminaire de crime / délit flagrant. Arrestation de Ibrahima NDOYE pour Abus de confiance. Le 2 juin 2005 dans la matinée, Ibrahima NDOYE en quête d'un emploi de chauffeur, prend contact avec la dame Brigitte Cica GBAGUIDE, propriétaire d'un bus de 35 places. Aux termes des pourparlers, ils tombent d'accord sur un versement journalier de 15 000 francs. […] Après avoir patienté une semaine, Brigitte qui espérait recevoir un versement s'élevant à 105 000 francs, ne verra que du feu. Car en fait, Ibrahima NDOYE non seulement lui rétorque qu'il n'a aucun sou mais pire, il abandonne le véhicule aux environs de Khombole suite à une panne. Il tentera même à narguer la dame en lui faisant savoir qu'il a un parent Magistrat pour le protéger. »
  • Interrogatoire II
  • GuichetsNon loin de l'entrée principale, cette pièce pourrait être l'ancienne salle d'accueil. Un calendrier Sup Info est littéralement collé au mur, l'année n'est inscrite nulle part...
  • MatriculesDes milliers de coupons remplissent ce carton, d'autres sont éparpillés dans la pièce. Un code barre, une date de jugement, un nom et prénom différent sur chacun et le délit commis.
  • CourthouseDe jour, les locaux sont déjà glauques et n'invitent pas à s'y promener seul, alors de nuit... Certaines pièces font penser à des salles de torture, certains couloirs font froid dans le dos. Une idée de huit clos pour une nouvelle saison d'American Horror Story.
  • PéristyleDans une parfaite symétrie, les portes latérales des salles d'audiences secondaires A, B et C, D se font face. La verticalité des colonnes ferait presque oublier le bordel ambiant.
  • AbécédaireLes salles d'audience périphériques sont quasiment vides comparé à la Cour suprême. Dans certaines, il n'y a que la barre des témoins, le plus souvent renversées. En A, après avoir contourné le mur devant l'entrée, la salle est totalement vide ; seul un classeur éventré est resté debout. La D est totalement obscure comparée à la E baignée de lumière à l'étage.
  • Roof top
  • Cul-de-sac ?Quand on enjambe une fissure et qu'on aperçoit l'étage du dessous, quand on peut voir à travers les murs et que certaines parties du plafond ressemblent à du gruyère, on a l'impression que tout peut s'effondrer d'un moment à l'autre. Et tels des Indiana Jones ou des Lara Croft, on va devoir faire un combo sauts, escalade, glissade pour s'en sortir vivant.
  • SiesteUn sursaut en apercevant ce corps étendu dans la pièce voisine. Ce sera la seule présence humaine que nous croiserons entre ces murs. Alors que nombre de familles ou de personnes seules élisent domicile sur les plages, dans des anciens blocos de la période coloniale, etc., les deux hectares du Palais de Justice restent totalement déserts. C'est mieux comme cela, au vu des risques d'effondrement à terme, mais pour le moins étrange.
  • Catacombes
  • sliderLa ligne est coupée pour la bonne raison qu'il n'y a pas de téléphone... La deuxième porte mène aux guichets vu plutôt, la troisième dans ce qui ressemble à une loge de concierge. Et enfin, la lumière.
  • ParkingLe parvis de ce géant poussiéreux sert aujourd'hui de terminus à quelques lignes de bus. Aux alentours, des bâtiments sont en construction aux côtés de structures à moitié abandonnées. De nombreux taxis viennent faire une pause à l'ombre des arbres entourant le site. Plus loin, le phare du cap Manuel dort avant le coucher du soleil. Et les colonnades semblent toujours debout...
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Pour aller plus loin

« Les grandes nécropoles contemporaines : le Palais de Justice de Dakar », Jean-Pierre Bat, Libération

« Témoin de l’histoire, l’ancien palais de justice recroquevillé dans le délabrement », Piccmi.com

« Une ruine toujours bien protégée », Habibatou Wagne, Seneplus.com

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