À lire d'urgence

Birdman: le phénix qui enflamme Hollywood !

DUEL EN SLIP ET VOL MAJESTUEUX

Ou comment la magie d’un montage, la performance d’un casting et la complicité créatrice d’un réalisateur et de son chef-opérateur mettent en lumière la distinction entre théâtre et cinéma.

Il est pourtant question de théâtre et de comédiens. Mais rien dans Birdman n’est plus visible que l’amour du défi technique que représente le septième art.

Keaton (renaissant de ses cendres) est drôle, touchant et déstabilisant, soutenu par une troupe d’acteurs secondaires délirants et brillamment interprétés. Edward Norton est particulièrement génial en acteur de renom de retour sur les planches new-yorkaises pour sauver une représentation du naufrage. Emma Stone endosse également un rôle troublant qui réserve quelques moments mémorables.

Pour filmer les fluctuations relationnelles de ce microcosme d’artistes, Inarritu a choisi d’exécuter un tour de passe-passe remarquable. Grâce à l’habileté du montage et aux plans-séquences labyrinthiques d’Emmanuel Lubezki, le film crée l’illusion d’une prise unique, la sensation qu’une caméra omnisciente suit les personnages dans tous leurs déplacements, des coulisses à la scène en passant par les rues bondées de New York…

Nouveau tour de force pour le directeur de la photographie qui avait filmé l’attaque spectaculaire d’une voiture dans Les Fils de l’homme et l’ouverture sensationnelle de Gravity l’an dernier (entre autres exploits).

Le scénario est dévoué à cette plastique impressionnante mais aussi à des acteurs qui s’éclatent, un solo de batterie récurrent en guise d’ambiance musicale, une voix off surprenante et des visions métaphoriques marquantes.

Un excellent film qui confirme, après le succès de Gravity, que le Mexique est capable d’apporter chaque année une pierre singulière à l’édifice hollywoodien.

Pourvu que ça dure !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*