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Notre-Dame-des-Landes : dans la rue contre les expulsions

Notre photo-reporter Jean-Eric s’est rendu à Nantes pour suivre la manifestation contre le projet d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, le 9 janvier. Toutes les générations étaient présentes, plusieurs partis politiques, de simples citoyens, des agriculteurs, des zadistes et même de quelques bonnets rouges bretons. Retour en images.

Le projet d’aéroport tire sa genèse dans les années soixante. L’époque est celle de la volonté de décentralisation du territoire français afin de rééquilibrer sont aménagement. En 1968, le site de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) est retenu. En 1973, le projet est validé par l’État (source : rapport 1973). La création de l’aéroport est mise en veille à la fin de la décennie soixante-dix car la crise pétrolière remet en question les ambitions régionale du tout aérien. À cette époque, les premières revendications hostiles à l’encontre des propositions d’aménagement se font connaître par le biais de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (Adeca).

Carte de la zone à défendre pour les zadistes

Source : zadnadir.org

Le gouvernement Jospin relance le projet en 2000. En 2008, l’État lance des appels d’offre pour la construction et en 2010 une enquête publique est effectuée. La contestation telle que nous la connaissons aujourd’hui apparaît vers 2008. Des appels à occuper le terrain sont relayés par différentes associations écologistes et groupes politiques. La Zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes est crée. En novembre 2012 débute l’opération César, tentative d’évacuation de la ZAD par les gendarmes qui se solde par un échec. Depuis quelques années, de nombreuses manifestations et actions militantes ont été menées par les opposants au projet. La démonstration de force la plus notable est celle de février 2014. Des groupes de personnes ainsi que des associations étant favorables au projet existent. Ils sont représentés notamment par l’association Des ailes pour l’ouest.

Manifestation du 9 Janvier 2016

Cette journée de mobilisation est initialement prévue pour le 16 janvier. Elle aura finalement lieu le 9 car les expulsables ont reçu leur convocation pour le 13 janvier au tribunal de grande instance de Nantes. En cas de décision favorable aux expulsions, les agriculteurs concernés risquent entre 200 et 1000 euros d’amende journalière s’ils refusent de quitter leur propriété. En plus de cette amende journalière, l’État pourra saisir le bétail et les biens des propriétaires. Cette fois, pour se faire entendre, les anti-aéroport ont décidé de bloquer le périphérique nantais.

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Militante écologiste en début de manifestation.

 

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Prise de parole d’un agriculteur au début du rassemblement.

Plusieurs cortèges composent l’action. Les tracteurs et les vélos partent de la ZAD ou d’autres points de rendez-vous autour de l’agglomération nantaise alors que le défilé à pied se rassemble entre un terminus de tram (Neustrie) et une entrée du périphérique. Les différents défilés doivent converger sur le pont de Cheviré pour un banquet festif.

A la suite des traditionnelles prises de paroles le cortège s’est mis en route dans une ambiance festive. Le dispositif policier est quasi invisible tout le long de la journée mis à part le survol régulier d’un hélicoptère de gendarmerie. Selon la police, cette manifestation a été suivie par 8000 personnes, les organisateurs de cette journée parlent plutôt de 20000 personnes et 500 tracteurs ayant convergé sur le pont de Cheviré.

 

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Tête de cortège.

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Militants écologistes en direction du pont de Cheviré.

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Certains zadistes défilent masqués afin de ne pas être reconnu par les forces de l’ordre.

Lors de leur arrivée, les agriculteurs, défilant en tracteurs, explosent l’applaudimètre. Un banquet de plusieurs centaines de mètres est installé afin que les manifestants se restaurent. L’organisation est extrêmement rodée, une cantine est vite montée alors que le tracto-bar sert à boire. L’ambiance de fête dure toute la journée, des prises de paroles plus sérieuses exposent la situation dans laquelle se trouvent les agriculteurs bientôt expulsables ainsi que la suite du mouvement anti-aéroport.

C’est à la fin de la journée que le Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées (Copain 44) annonce un blocage du pont de Cheviré jusqu’à ce que l’annulation des expulsions soit annoncé par le chef de l’État. À partir de 16 heures, la majeure partie du cortège se disperse, reste une cinquantaine de tracteurs et environ 300 personnes. Zadistes, agriculteurs, simples sympathisants et les quelques journalistes encore présents essuient un orage et de fortes pluies.

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Militant anti-aéroport sur le périphérique.

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Ambiance festive suite à la convergence des cortèges.

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Avertissement à Vinci.

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Pont de Cheviré.

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Un tracteur et sa pancarte anticapitaliste sur le périphérique.

Des tivolis sont montés sous la pluie afin de pouvoir assurer un abri pour la nuit qui s’annonce humide et froide. Pendant que certains veillent aux abords de cette mini ZAD improvisée, les responsables de Copain 44 effectuent des prises de paroles et déclarations à la presse. Au cours de la soirée, diverses informations parviennent : une compagnie de CRS serait partie de Rennes, des dépanneuses auraient été vues aux abords du périphérique. Alors que la presse ne peut pas rentrer sur zone certains militants pensent que l’assaut est proche. Selon eux les forces de l’ordre profiteraient au maximum de l’absence des caméras pour frapper fort. Pour des raisons logistiques je n’ai pas pu rester jusqu’à l’assaut des forces de l’ordre, celui-ci a été donné vers 23 heures.

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Dès la fin de la manifestation officielle la pluie fait son entrée.

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Malgré l’orage et la pluie certains militants s’activent.

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Paysans et zadistes montent les tivolis.

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Alors que la nuit tombe le campement temporaire se monte rapidement.

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Une fois la nuit tombée tous les abris étaient érigés permettant aux militants de manger et chanter au sec.

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Prise de parole des Copain 44.

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Feu de camp sur le périphérique.

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Opposante au projet d’aéroport devant le TGI de Nantes.

Entre le 9 et le 13 janvier, certaines actions sont effectuées à Nantes et dans d’autres villes. Le 11 janvier une opération escargot est tentée sur le périphérique nantais mais elle est rapidement stoppée par la gendarmerie qui arrête 19 personnes et saisit des véhicules.

L’appel à la mobilisation pour l’audience du 13 janvier fonctionne. Un lourd dispositif policier est prévu alors qu’environ 2000 personnes viennent soutenir les paysans expulsables. À l’image du samedi 9 janvier, le rassemblement est composé d’une foule hétéroclite, de partis politiques connus ou et de non affiliés. Une haie d’honneur accueille les expulsables qui s’apprêtent à rentrer dans le palais de justice.

Durant la journée, plusieurs prises de paroles se succèdent et abordent de multiples sujets : la lutte pour NDDL mais aussi les sanctions des anciens salariés de Goodyear qui avaient séquestré leur patron. Aucune tension entre les gendarmes de faction devant l’entrée du Tribunal de grande instance (TGI) et les militants. Commencée à 10 h 30, l’audience se finit à 15 heures. Les avocats des paysans expulsables annoncent que le verdict sera donné le 25 janvier.

 

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Banderole de soutien.

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Sylvain Fresneau, un des paysans expulsable.

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Un ancien métallurgiste venu soutenir les agriculteurs.

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Sympathisant écologiste.

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Tracteurs de la confédération paysanne.

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2000 personnes venues soutenir les agriculteurs.

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Une militante et sa pancarte.

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Une pancarte de soutien devant le TGI nantais.

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Militants anti-aéroport.

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Fin des audiences : sortie du tribunal d’un agriculteur expulsable.

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Départ d’une partie de l’effectif de maintient de l’ordre à la fin de l’audience.

Compte tenu des dernières déclarations du président de région, le mouvement n’est pas près de s’arrêter là. Des mouvements sont prévus pour la fin janvier.

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