À lire d'urgence

Disney – Pixar à travers les âges

Et si l’âge des personnages de dessins animés que nous connaissons tous n’était pas déterminé par hasard ?

 

Mercredi dernier sortait le nouveau film d’animation Disney – Pixar, Vice-Versa. Riley, l’héroïne, entre donc dans la longue liste des personnages principaux des histoires des deux maisons de production. Et cette fois, pas moyen de se plaindre de ne pas assez bien cerner la personnalité du personnage principal ! On vit littéralement la vie de Railey, de sa naissance à son déménagement du Mid-Ouest vers San Francisco. Et on découvre que cette vie, comme celle de ses parents, est régie par ses émotions. Cinq en fait : la Joie, la Tristesse, la Peur, le Dégoût et la Colère, toutes personnifiées en des petits humanoïdes drôles et attachants comme sait si bien les faire Pixar.

Bien que l’aventure qui va se dérouler à l’intérieur du cortex cérébral de Riley fasse partie de l’aspect merveilleux de l’histoire, le spectateur adulte sera surpris par l’adaptation faite par les scénaristes du mécanisme complexe de la mémoire.

On appréciera également l’aspect moins lisse des personnages humains qui ne sont pas des caricatures d’eux-mêmes et l’absence d’une lutte entre méchants et gentils des premiers contes Disney. La touche Pixar. Mais comme tout film d’animation destiné à un public très jeune, le héros doit être placé en exemple à suivre. Ici, Railey est la petite fille lambda devant laquelle se reconnaîtront la plupart des jeunes spectatrices.

 

En quête

Et en y réfléchissant bien, y a-t-il vraiment un film d’animation Disney – Pixar qui ne fasse pas toujours intervenir les enfants comme les grands héros de l’histoire ? On a donc voulu le vérifier mais en allant un peu plus loin. Parmi les 79 films d’animation Disney – Pixar, 42 font intervenir des êtres humains ou humanoïdes (la petite sirène, etc.) en tant que héros ou méchants de l’histoire. En se replongeant, non sans nostalgie, dans le visionnage de ces dessins animés mythiques, on a donc relevé le genre du personnage, son rôle et son âge approximatif ou clairement révélé dans le film. À partir de ces données, nous avons repéré cinq tendances.

1. Chez Disney, plus tu es jeune, plus tu dois être un exemple

Arthur (Merlin l'enchanteur)

Arthur est le jeune garçon de 12 ans que Merlin l’enchanteur prend sous son aile pour l’instruire.

Et oui, c’est flagrant sur le diagramme, environ 85 % des héros ont moins de 30 ans. Et si on rentre dans le détail, seulement quatre d’entre eux en ont plus de vingt : la Bête (La Belle et la Bête) qui vient d’avoir 21 ans ; Quasimodo (Le Bossu de Notre-Dame) qui en a vingt ; Tarzan semble plus proche de la trentaine, tout comme Milo Thatch (Atlantide).

Même si la majorité revient à la tranche des 15 – 30 ans, il n’y a que deux personnages d’écart avec les moins de 15 ans. Et contrairement à Railey de Vice-Versa, les petits garçons tenant le rôle principal de l’histoire vivent souvent des aventures extraordinaires (Lewis, dans Bienvenue chez les Robinson, Jean et Michel Darling dans Peter Pan) ou le sont eux-mêmes (Flèche des Indestructibles).

Pour ce qui est des quatre dessins animés en dehors de la norme, on remarque qu’ils n’y échappent qu’à moitié. Prenons Là-haut et Merlin l’enchanteur : le premier raconte l’histoire de Carl Fredricksen, bientôt octogénaire tandis que le second se focalise sur le personnage éponyme, beaucoup plus âgé. Mais dans son voyage en ballons, M. Fredricksen emmène par inadvertance le jeune Russell qui va l’accompagner pendant toute son aventure. Quant à Merlin, il s’avère être plutôt l’adjuvant de ce moustique d’Arthur plutôt que le héros du conte. Idem pour Monsieur Indestructible, secouru par sa femme et ses deux enfants ou pour Ralph (Les Mondes de Ralph) qui va rencontrer et aider la petite Vanellope dans le jeu Sugar Rush.

 

2. Toujours plus de princesses, mais sont-elles toujours aussi stéréotypées ?

La Princesse et la grenouille

Tiana, l’une des dernières princesses DIsney.

En plus de faire exploser la part des 15 – 30 ans chez les héroïnes, les princesses Disney mènent cette catégorie à la première place en terme d’effectifs. Parmi tous les personnages principaux des quarante-deux films sélectionnés, quatorze personnages sont des héroïnes, les plus nombreux sont ensuite les méchants. Et sur les quatorze, douze sont des princesses. Cliché ? Un peu, mais voyons comment elles évoluent.

Les trois premières princesses sortent des contes de Grimm et de Perrault, autant dire que la condition féminine est très fouillée : beauté, enfants, ménage. Ainsi, Blanche Neige (1938) propose aux sept nains de récurer la maisonnette et de faire la popote en échange du gîte ; Cendrillon (1950) idem, sauf qu’elle le fait sous la contrainte dans sa propre maison ; Aurore (La Belle au bois dormant, 1959), elle, ne cueillera que des mûres avant d’aller pioncer. Que de modèles d’épanouissement pour une petite fille rêveuse…

Arrivent ensuite deux jeunes excentriques. Ariel (La Petite Sirène, 1990) en a marre de barboter dans l’eau et Belle (La Belle et la Bête, 1991) s’entiche d’un homme ayant une pilosité extrême. Toutes deux veulent s’émanciper, c’est très bien, mais pour la raison la plus romanesque qui soit : un homme inatteignable (au début). On fait un pas en avant, mais c’est encore un peu cliché…

Troisième vague, la diversité. 1995, Pocahontas ; 1998, Mulan. Disney entend nous faire aussi voyager dans des environnements réalistes et avec des contes inspirés d’histoires vraies ou de légendes populaires. Les deux princesses deviennent des modèles de bravoure. Première princesse du XXIeme siècle, Tiana (La Princesse et la Grenouille, 2010) souhaite ouvrir un restaurant uniquement grâce au fruit de son labeur, dans la Nouvelle-Orléans des années 20.

Les trois dernières héroïnes ont peu en commun mais semblent avoir des comportements plus modernes. Raiponce (2010) revient aux contes traditionnels mais avec beaucoup de second degré : Raiponce apparaît comme une des trois princesses originelles, parlant aux animaux, assez niaise, etc., mais on sent que ces aspects sont exagérés volontairement. Les hommes virils et pas très loquasses de la taverne se mettent à chanter des chansons sur leurs rêves, la niaiserie de Raiponce la rend très drôle – contrairement à Blanche Neige, qui se prend trop au sérieux. À l’opposé total, Mérida la Rebelle (2012) ressemble beaucoup à Mulan. Et c’est la première princesse qui ne termine pas mariée ou amoureuse à la fin du film. Changement total ! La Reine des neiges (2013) est lui le premier à faire apparaître deux sœurs princières : Elsa et Anna. Elles peuvent être à elles deux le symbole de l’évolution de la princesse Disney : Anna représenterait la tradition, la princesse qui cherche l’amour ; Elsa est plus moderne, en proie à ses problèmes existentiels et en dehors de toute recherche amoureuse.

La condition et le caractère des princesses se sont heureusement adaptés aux mœurs modernes. La prochaine princesse, qui arrivera fin 2016 en France, sera une aventurière nommé Moana, « la princesse du bout du monde » et elle aura… 16 ans.

 

3. Le méchant est un quadragénaire en pleine crise

Jafar

Jafar, le grand vizir, accompagné de Iago, l’un des plus drôles animaux de Disney.

Bizarrement, très peu de grands méchants sont des sorciers ou possèdent des pouvoirs magiques, contrairement aux traditionnelles sorcières. Seuls trois sur vingt-quatre usent de leurs dons pour faire le mal : Jafar et son sceptre hypnotiseur (Aladdin) ; le dieu des Enfers, Hadès (Hercule) et le Dr Facilier, sorcier vaudou qui transforme le prince en grenouille (La Princesse et la Grenouille).

La plupart des opposants sont donc des hommes ordinaires qui ont soif de pouvoir ou de richesse. Ah merveilleux rêves capitalistes ! Ce qui n’enlève rien à leur charisme : qui ne se souvient pas de l’esclavagiste Radcliffe (Pocahontas), ou du chasseur de gorilles Clayton (Tarzan) ? Même le très ordinaire majordome Edgar nous séduit avec son side-car pétaradant.

Et les plus jeunes malandrins sont plutôt en recherche de reconnaissance. Hormis le plus jeune, Sid, le garçon qui torture les jouets dans Toy Story, qui serait plus sociopathe, les trois autres sont frustrés. Gaston enrage de ne pas voir Belle lui tomber dans les bras, Buddy Pine devient Syndrome pour se venger de l’inattention que lui avait porté M. Indestructible quand il était jeune. Et le prince Hans (La Reine des neiges), dernier fils d’une fratrie de treize garçons, cherche à se faire une place importante dans la famille en voulant voler le trône d’Elsa.

 

4. Peu de méchantes, mais ménopausées

Yzma

Yzma, « la preuve vivante que les dinosaures ont vécu sur la Terre » selon Kuzco.

Curieusement, il n’y a pas tant de méchantes qu’on pourrait l’imaginer. Douze, parce que l’on a quand même voulu compter Javotte et Anastasie, les détestables demi-sœurs de Cendrillon, avec la marâtre de cette dernière. Elles ne sont que dix à tenir le rôle principal de mégère, mais quelles personnalités ! Et comme nous sommes sûrs que vous êtes incollables sur le sujet, on vous propose ce quiz.


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5. Des idées pour plus d’originalité

pixar

Même les personnages Disney – Pixar attendent les nouveautés en salle obscure !

Enfin, ces données peuvent apporter des idées de personnages pour les prochaines production. L’innovation ultime, selon le diagramme, serait un film d’animation où l’héroïne aurait plus de 50 ans et serait confrontée à une gamine diabolique de moins de 15 ans…

Ce possible dessin animé devrait être une création originale plutôt qu’une adaptation car, après moult recherches, nous n’avons pas réussi à trouver un conte, une légende ou une histoire connue de tous qui fasse intervenir une grand-mère comme héroïne face à une vilaine petite fille. Même séparément. Nous pensons qu’une adaptation de L’Exorciste ne compte pas puisque la petite Regan MacNeil n’est pas diabolique en soi… Et n’imaginons surtout pas un prequel sur la vie de la veuve Tartine avant qu’elle ne trouve Rox !

 

Et parce qu’on ne peut pas parler objectivement des Disney, voici nos personnages préférés :

bald5
 

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