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It Follows: Le grand frisson des festivaliers

L’ANGOISSE DU HORS-CHAMP

Présenté pour la Semaine de la Critique à Cannes, lauréat du Prix de la critique internationale à Deauville, du Grand prix et du Prix de la critique à Gérardmer…

En France, la critique est quasi-unanime, et à juste titre.

David Robert Mitchell réalise non seulement le meilleur film d’horreur américain depuis bien longtemps, mais peut aussi se vanter d’une des propositions cinématographiques les plus intéressantes de ce début d’année, tous genres confondus.

La séquence d’ouverture dévoile son atout premier: la manipulation du hors champ.

Après avoir installé une atmosphère angoissante soutenue par la musique géniale de Disasterpeace, Mitchell nous présente une jeune femme tétanisée, au beau milieu d’un endroit (évidemment) désert, en pleine nuit (ça va de soi), et nous offre son regard qui fixe quelque chose que l’on ne voit pas. Car on sait qu’il y a bien une chose, à quelques mètres, près de sa voiture…une chose d’autant plus terrifiante que l’on ne sait pas de quel côté du cadre, à quelle distance de cette demoiselle (de nous…) va surgir l’horreur.

Le film joue constamment avec nos nerfs grâce à ces champs-contrechamps et ces raccords regards ciblant tour à tour l’entité en mouvement et sa stressante absence du cadre.

La photographie est souvent magnifique et la caméra adopte le rythme lent de la « chose » qui suit les personnages principaux…certains plans longs sont vertigineux (quelques panoramiques à 360° sont particulièrement impressionnants).

Mitchell contrôle notre attention de A à Z, allant jusqu’à diriger notre regard hors de la mise au point en jouant sur l’allure et le mouvement des silhouettes à l’arrière-plan.

Une parfaite réussite technique dont le scénario, bien que sans fulgurance particulière, demeure assez imprévisible jusqu’au dernier quart d’heure, en maintenant une tension et un intérêt constants pour la progression de ces héros de slashers des 90’s.

Déjà évoquée quelques lignes plus haut, la musique est d’une efficacité redoutable, d’un rétro délicieux qui vient s’ajouter à la plastique splendide de l’œuvre.

Que vous dire de plus, si ce n’est de courir voir It Follows ?

Une pépite du genre, si toutefois on peut se permettre de coller une étiquette à cet objet singulier et fascinant.

1 commentaire sur It Follows: Le grand frisson des festivaliers

  1. En tant qu’amateur désabusé du genre, l’article m’a redonné l’espoir de pouvoir à nouveau profiter d’un bon film d’épouvante !

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