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Jurassic World : Vous avez dompté des raptors ?

 

PETITS FUTÉS…

Ce n’est même pas un soulagement, puisque j’y allais sans grande conviction. C’est plutôt une excellente surprise, pour les fans comme pour les non-connaisseurs, puisque le film n’inspirait pas vraiment depuis les premières informations diffusées sur le scénario, jusqu’à l’aspect visuel exhibé dans la bande annonce.

L’histoire de Jurassic World se déroule vingt ans après les événements ayant secoué le fameux Jurassic Park créé par John Hammond. Simon Masrani, chargé d’exécuter ses dernières volontés, a décidé de dépenser sans compter pour développer le plus grand parc à thème de l’histoire. En quête de sensations toujours plus extrêmes à offrir à ses visiteurs, l’équipe scientifique, sous les ordres du milliardaire, a donné naissance à l’Indominus Rex, une espèce croisée à partir de l’ADN de plusieurs dinosaures déjà clonés. Et forcément, ça finit par merder.

Dans le film, il y a avant tout l’assouvissement de fantasmes de fans (disons un fan service de qualité), à commencer par une véritable immersion dans le parc et ses attractions dans la première demi-heure du film qui, tout en posant les bases de l’intrigue, nous en met plein la vue avec de longs travellings vertigineux parcourant les plaines, lacs et montagnes où pullulent dinosaures et visiteurs surexcités. Du spectacle aquatique mettant en scène l’effroyable mosasaure aux bébés tricératops chevauchés par des enfants émerveillés, tout est là pour mettre des étoiles dans nos yeux.

Spectateurs ébahis devant un spectacle aquatique d'un autre temps.

Spectateurs ébahis devant un spectacle aquatique d’un autre temps.


 

La principale idée risible observée dans le trailer était la présence d’un Chris Pratt dompteur de vélociraptors, en pleine partie de chasse dans une jungle luxuriante, et finalement… Non seulement la chose est bien amenée, mais après coup, tout semble logique, résultant de l’évolution des mentalités dans l’univers du film, partagées entre deux conceptions de cette résurrection des dinosaures : « les bêtes ont disparu, nous les avons ressuscitées, nous avons tous les droits » ou « les dinosaures ne sont plus une espèce éteinte, et la nature tôt ou tard devra reprendre ses droits ». Et le film regorge de références à des phénomènes contemporains : l’essor du sponsoring, le développement de la biotechnologie, le zèle de l’armée, la nostalgie face à la modernité… J’ai pu lire quelques articles ricanant bêtement de ces références, alors qu’on ne les voit que rarement autant remises en question et renversées non sans un certain plaisir tout au long du film. Et autant dire qu’à l’ère des placements de produits foisonnants chez Michael Bay et autres prises de parti discutables dans bon nombre de blockbusters américains, ça fait du bien.

"On se détend si on veut ses croquettes."

« On se détend si on veut ses croquettes. »


 

Les personnages sont très attachants, même Gray, le petit frère plus intelligent que son aîné, fantôme du mémorable Tim Murphy du premier volet. Un personnage assez stéréotypé mais justement interprété, à l’instar des personnages qui l’entourent. On s’inquiète un peu à la découverte du personnage de Claire, qui dépasse toutefois son rôle de tante négligente insupportable pour devenir un personnage fort et parfaitement complémentaire de celui d’Owen Grady (Chris Pratt). Les têtes connues à l’arrière-plan (Omar Sy, Vincent D’Onofrio…) tiennent aussi parfaitement leurs rôles.

"Allez chercher les gosses !"

« Allez chercher les gosses ! »


 

La musique est à la fois discrète, au sens où elle s’efface facilement lors des bonnes séquences, et excitante lorsqu’elle reprend pour quelques instants le thème grandiose de John Williams.

La mise en scène est parfaite, alternant plans longs de contemplation, mouvements spectaculaires dans les scènes d’action les plus brutales, et ingéniosité dans l’utilisation de la 3D, qui offre quelques moments savoureux. La réalisation est d’ailleurs supérieure à la qualité des effets visuels, qui demeurent assez chimiques en comparaison avec les merveilles de Spielberg (mais passent cependant assez bien avec la 3D).

Le montage est très fluide et laisse le temps de comprendre chaque pas monstrueux, chaque jaillissement, chaque battement d’ailes… hormis au cours d’une scène où s’abat une pluie de ptérodactyles (ou ce qui y ressemble plus ou moins) sur une foule terrorisée : les images s’enchaînent alors à un rythme chaotique et beaucoup de choses se jouent à l’arrière-plan (corps humains projetés dans tous les sens, vitres explosées, bâtiments saccagés…). Soucieux de ne pas gâcher la qualité de ses animations 3D, le réalisateur propose autant de plans d’ensemble merveilleux que de visions impressionnantes à l’échelle humaine.

Jusqu'ici, tout allait bien.

Jusqu’ici, tout allait bien.


 

Partant sur des idées parfois casse-gueule, à la limite du ridicule, Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver ont écrit un scénario riche, dynamique et, faute d’être toujours surprenant, réjouissant à chaque instant. Jurassic World est une parfaite réussite, probablement un film que l’on n’attendait pas, et le divertissement de qualité qui manquait depuis quelques temps, grâce à une générosité et un jusqu’au boutisme qui font mouche.

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