À lire d'urgence

Le porte-documents : Édition spéciale des Assises du journalisme

(L)aTTitudes vous propose un nouveau format. Pour les événements, les actualités que nous souhaitons développer vraiment mais qui seraient trop lourds à lire d’un coup, nous les présenterons sous forme d’épisodes, de chapitres, bref en plusieurs parties. Comme ça, on vous donne une info de qualité et vous n’êtes pas submergés.

Le premier porte-documents s’atèle à la journée spéciale des Assises du journalisme qui se renouvelaient exceptionnellement, vendredi 13 mars, pour ouvrir le débat au sein de la profession et du public après les attentats de janvier. « Et maintenant on fait quoi ? »

 

Doc 2. L’atelier de la matinée, ouvrez les guillemets

Comme vous le savez si vous avez lu le Doc 1 de ce porte-documents, (L)aTTitudes a assisté à l’atelier sur l’éducation aux médias pendant la matinée des Assises. Animé par Laurence Creusot, rédactrice en chef adjointe de France 3 Languedoc-Roussillon, l’atelier donnait la parole à des journalistes professionnels et lycéens, des enseignants, etc. autour de deux angles : « Quand Charlie entre dans la classe. Que faire quand l’événement fait irruption dans l’école ? » et « Enseignants, journalistes, construire ensemble une éducation aux médias ».

Pour retenir l’essentiel des questions abordées, nous vous proposons quelques passages de la table ronde, à l’écrit ou audio, qui ont fait parti des temps forts de la matinée.

 

Introduction de Laurence Creusot

Laurence Creusot - Capture d'écran France 3 Languedoc-Roussillon

Laurence Creusot, rédactrice en chef adjointe de France 3 Languedoc-Roussillon. (Capture d’écran France 3 Lang.-Rous.)

« Le 7 janvier, des hommes ont tué une rédaction et le soir même nous étions des centaines dans la rue devant le club de la presse, et pas que des journalistes. Alors manifester dans la rue le refus de la haine, certes, mais après on fait quoi ? C’est cette question que j’ai posée moi le lendemain dans ma rédaction, en proposant à mes confrères d’aller dans les écoles pour expliquer, tout simplement, ce qu’est une rédaction. Et ils ont tout de suite dit oui. Dix journalistes et documentalistes de la rédaction de France 3 Montpellier se sont engagés dans une opération que l’on a appelé « Et maintenant, que fait-on ? » Une sorte de « bouge toi, toi qui vis dans ta bulle de journaliste ». Alors pourquoi, ça me semble évident : parce qu’informer est vital pour la démocratie, parce que l’apprentissage de la vie en société commence souvent sous le préau et parce qu’aussi, nous voulions savoir ce qu’ils en disent, ces minots, des médias, ce grand mot fourre-tout.
Et puis parce que, merde, une rédaction c’est sacré. »

 

Ugo Emprin, journaliste chez Playbac Presse

Collaborant avec des enfants pour la rédaction des journaux Le Petit Quotidien et Mon quotidien, Ugo Emprin explique quelle a été la démarche des journalistes lors de la rédaction du journal post-attentats.

Ugo Emprin - Capture d'écran LCI

Ugo Emprin travaille au « Petit Quotidien », un des journaux du groupe Playbac Presse. (Capture d’écran LCI)

 

Pascal Gougeon, professeur au Lycée Jacques-Decour à Paris

Enseignant les médias dans l’établissement, il lui a été demandé d’expliquer comment l’équipe éducative s’y est pris pour expliquer ce qu’il s’est passé aux élèves.

 

Luc Hermann, co-directeur de l’agence Première Ligne

Son agence était celle qui jouxtait la rédaction de Charlie Hebdo pendant les attentats. Lui n’était pas là au moment de l’attaque mais il a pris quand même un moment pour revenir sur ce qu’il s’était passé du point de vue de l’agence – qui a publié les images prises du toit de l’immeuble voisin où l’équipe s’était réfugiée – et en profiter pour démonter une des théories selon lesquelles les journalistes étaient au courant de l’attaque car ils portaient des gilets pare-balles :

 

Puis, c’est lui qui lance la première idée concrète de cet atelier :

Luc Hermann - France 5

Luc Hermann, co-directeur de l’agence Première Ligne. (France 5)

« Mon idée est de préparer un petit DVD, sur huit minutes maximum, qui compilerait quelques grosses enquêtes sorties ces cinq dernières années dans la presse écrite, dans « Charlie Hebdo », dans « Libé », dans « Le Monde », dans « Le Figaro ». […] L’idée c’est de sortir, en les ayant compiler, en huit minutes, très rapide, un bout de l’affaire Cahuzac ; un bout de l’affaire Dassault à Corbeille-Essonne, qui est beaucoup sortie sur France Inter et dans « Charlie Hebdo », par Laurent Léger notamment ; ce qu’on a sorti, nous, dans Cash Investigation, sur les téléphones portables, c’est très grand public ; et puis des choses beaucoup plus complexes comme le Luxembourg leaks, sur lequel on a beaucoup travaillé ; les grosses multinationales comme H&M, comme Ikea ; l’affaire Bygmalion. Des choses un petit peu en patchwork sur huit minutes et ensuite travailler sur quelques thématiques pour donner quelques timelines, quelques consignes aux journalistes qu’on enverra s’exposer.

L’idée, c’est peut-être naïf de ma part, c’est de dire allons dans les endroits où on a rarement le temps d’aller […], allons dans des lycées très difficiles, allons dans des lycées publics et allons un peu partout en France pour raconter un petit peu comment fonctionne le journaliste : s’il a un doute et un peu de temps il va sûrement trouver des choses ; s’il n’a pas beaucoup de temps, il peut aussi dire des bêtises, c’est-à-dire aussi d’assumer qu’il y a des erreurs dans les médias. Expliquer ce qu’est une source. Aborder très vite les théories du complot […] et il faut aussi reconnaître qu’il y a eu de vrais complots, que c’est pas uniquement une théorie du complot. Et puis réfléchir autour du pluralisme, raconter un tout petit peu comment fonctionne un média pour pousser ces jeunes à acheter des quotidiens, à s’abonner à un journal en ligne et à ne pas regarder uniquement l’info gratuite. […]

Moi je m’engage […] à convaincre pas mal de nos confrères producteurs et dans les rédactions […] partout en France pour, dans chaque rédaction, envoyer au moins deux reporters par mois passer du temps dans des lycées difficiles. Et tout ça en coordination avec les deux ministères et le Clemi. »

 

Capucine Saulpic, rédactrice en chef du journal de son lycée

Des lycéens ont aussi pu s’exprimer, telle Capucine qui, n’ayant pas eu d’éducation aux médias à proprement parler, compte sur les grands journaux pour obtenir les informations que sa rédaction publiera.

 

Journaliste anonyme

Cette journaliste, sortant d’une formation en alternance au CFPJ qu’elle estime « de grande qualité » – en réponse aux propos de Jean-François Cullafroz au début de l’atelier – rappelle qu’il n’y a pas qu’aux jeunes à qui les journalistes doivent s’adresser :

 

Marie Picoche, directrice de la rédaction de Kaboom, journal lycéen ressuscité

En fin d’atelier, Marie Picoche, aujourd’hui membre de l’association Jets d’encre, a abordé le point fondamental de l’éducation aux médias et à l’information :

Marie Picoche est aujourd’hui engagée dans l’association Jets d’encre.

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