À lire d'urgence

Photoreportage. À Dakar, la pub passe par le tag

 

TAGUEURS DE RÉCLAMES (Dakar 2016)

  • En passantQue ce soit en bus, en taxi ou à pieds, on s'aperçoit bien vite que les panneaux publicitaires – parfois gigantesques – qui affluent dans la capitale sénégalaise ne sont pas les seuls moyens de communication des annonceurs. Les murs de la ville, surtout le long de la Nationale 1 (axe principal) et de la VDN (Voie de dégagement nord), sont recouverts de graffitis. Rien que de très banal dans une capitale d'État. Sauf que certains ne sont pas l’œuvre d'artistes de la rue ou autres tagueurs. À Dakar, la publicité squatte avec le street art.
  • Message perso« Ce que je déteste le plus dans la publicité c’est qu’elle attire dans son giron tous les jeunes gens brillants, créatifs et ambitieux, laissant l’Art moderne à la merci de cerveaux lents et auto-centrés. » Banksy, street artist.
  • La Guerre des médiasMajoritaires parmi les annonces taguées, les médias en ligne passent par les murs pour se faire connaître. Bien que ce genre de pratique ne soit pas autorisé légalement, on ne passe pas cinq minutes sans tomber sur l'adresse d'un site d'information : lateranga.com, leral.net, seneweb.com, etc. Ces pure players n'ont pas grand chose à perdre en taguant le nom de leur site et économisent, par la même, de l'argent.
  • Le Coup de pinceau VS le coût de la pubOui, le coup de pinceau parce que la bombe n'est pas l'outil le plus utilisé ici pour faire du tag. En 2014, selon l'agence Omédia, le marché publicitaire avait levé pas moins de 6 milliards de francs CFA (9,17 millions d'euros). Quand l'affichage d'un panneau publicitaire sur 100 faces coûte 2 millions de francs CFA (3000 €) pour quinze jours, on comprend que des organes de presse privés (ayant peu de moyens) préfèrent se rabattre sur des solutions moins onéreuses pour faire leur promotion.
  • Stratégie de l'emplacementSouvent, ces publicités taguées sont placées sous les panneaux publicitaires traditionnels. L’œil, attiré par les panneaux géants, captera donc forcément les messages écrits sur les murs, même furtivement.
  • Du plus grand...Même les marques les plus puissantes comme la société Kirène (eau minérale, boissons et... opérateur téléphonique avec Orange, allez savoir...) font du graff'. Fort d'un chiffre d'affaires de 65,4 milliards de francs CFA (100 millions d’euros) en 2012, que vient faire un géant sur les murs de ceux qui contournent le système ?
  • … Au plus petitPlus compréhensible, la publicité des petits artisans locaux. En plus des prix d'affichage exorbitants, les annonceurs subissent une taxe de la municipalité selon le type d'affichage. Par exemple, pour les enseignes lumineuses ou les auvents, la cotisation est en moyenne de 20 000 FCFA (30,6 €) par mètre carré et par an. Le prix varie selon la localité, la nature et les dimensions de l'objet publicitaire. Cela concerne normalement même les affiches A4 (pour concerts ou autres annonces ponctuelles) qui doivent être estampillées par le service Recettes perceptions municipales. Autant dire que peu de ces affiches sont tamponnées et que les petits commerçants préfèrent acheter un pot de peinture et un pinceau. Encore faut-il ne pas oublier de laisser un moyen de contact...
  • ÉpurationCertains choisissent aussi des emplacements plus originaux, comme ce site, marcheinformatique.com, dont l'adresse est pochée au milieu d'un parcours de santé.
  • http://wowslider.com/En dehors de la pub, le graffiti est aussi employé par les associations pour faire passer leurs messages. Même les partis politiques taguent leur nom sur les façades. Et bien sûr, des messages tels que « Libérez untel ! », « Votez machin ! », écrits à la va-vite, s'entremêlent sur les murs.
  • Retour de pinceauHeureusement, dans cette ville asphyxiée par les panneaux publicitaires, toujours plus grands et plus nombreux, où les annonceurs investissent même les lieux d'expression des street artists, les tableaux éphémères peints par ces derniers restent les plus voyants. Malgré beaucoup de croûtes, on n'est pas à l'abri de tomber sur de vraies œuvres d'art.
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Pour aller plus loin

Sur le marché publicitaire au Sénégal:

« Le pari de Dakar », Rémy Devèze pour l’émission Culture pub du 4 avril 2010

« Petits balbutiements du marché publicitaire sénégalais », Les Afriques, 24 octobre 2008

« Les tarifs des bannières publicitaires au 2e trimestre 2013 », Thibault Vincent, Monetilab, 19 juillet 2013

Sur le street art à Dakar :

« EBOLA – Un collectif de grapheurs sensibilise la population de Dakar au virus Ebola grâce à leur art », France 24, 7 novembre 2014

La Medina de Dakar – Street Art », Novaplanet, 13 mai 2014

« Alexis Peskine – Dakar Street Art », Novaplanet, 28 mai 2014

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