À lire d'urgence

Pourquoi l’Angleterre déteste Chelsea ?

Mercredi 11 mars, le Paris Saint-Germain affrontait le Chelsea Football Club dans un match couperet qualificatif pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Alors que le club de Londres est la meilleure chance pour le pays d’avoir un représentant britannique dans le top 8 européen, au vu des résultats de Manchester City et d’Arsenal lors des phases allers, de nombreux Anglais choisissent pourtant de supporter le club de la capitale française plutôt que celui de leur propre patrie.

18 heures heure locale à Londres. Écharpe autour du coup, billet dans la poche, je me dirige en compagnie de quelques amis vers le stade de Stamford Bridge pour aller encourager le PSG et croire à l’exploit après un match nul au Parc des Princes. Même si ce soir je serai à 100% derrière l’équipe française, je la joue tout de même profil bas dans les rues de Londres, afin d’éviter tout problème avec des amateurs de football anglais dont la ferveur peut parfois se transformer en violentes échauffourées. Cependant, alors que nous avançons, les seuls cris que nous pouvons entendre semblent être des « Come on PSG » ou encore « F*** off Chelsea ». Rebelote dans le bus, où le chauffeur espère pouvoir dire tout comme nous à la fin du match : « Bye Bye Mourinho ». Je me rends alors compte que le club londonien ne jouit pas d’une grosse cote de popularité au sein même de sa propre ville.
Et bien que cela puisse paraître surprenant, il existe plusieurs raisons permettant d’expliquer ce sentiment de haine partagé par certains britanniques vis à vis de Chelsea.

Un blason sali par le hooliganisme

Alors que l’ambiance s’est aujourd’hui calmée dans le stade, le club a connu sa période sombre dans les années 70/80, notamment par l’intermédiaire d’un groupe de hooligans surnommé les « Headhunters », comprenez littéralement « les chasseurs de tête ». Ce groupe était l’un des plus violents d’Angleterre, mais ce qui choquait également au sein du royaume était que nombre de ses membres flirtaient dangereusement avec des partis néo-nazis, dégradant ainsi l’image du club. Désormais, les bombes et les gros crânes chauves ont laissé place à des familles venues encourager pacifiquement leur équipe, pour autant le club continue de traîner cette mauvaise réputation.

Une histoire encore à construire

Le Chelsea Football Club a été fondé en 1905. De ce point de vue là, on pourrait considérer qu’il s’agit d’un club mythique, pourtant tel n’est pas le cas. Jusqu’au début des années 2000, et le rachat du club par l’oligarque russe Roman Abramovitch, Chelsea ne comptait dans son palmarès qu’un championnat d’Angleterre acquis en 1955 et deux coupes nationales, quand d’autres clubs tels que Liverpool ou Manchester United affichaient respectivement 18 et 13 titres nationaux. Depuis, le club londonien a rattrapé une partie de son retard mais pour beaucoup cela n’a été possible qu’avec l’aide des milliards injectés par Abramovitch.

Mourinho

José Mourinho, entraîneur du Chelsea Football Club depuis 2013.

 

Un club à l’image de la ville

Les « haters » de Chelsea reprochent également au club d’être composé majoritairement de joueurs étrangers. Actuellement, dans l’effectif de l’équipe première, on ne compte que cinq britanniques pour un total de 25 joueurs, mais uniquement deux d’entre eux se trouvent généralement sur la feuille de match (Cahill et Terry). Cela est notamment dû à une politique d’internationalisation mise en place par les dirigeants depuis l’arrivée du milliardaire russe.
Au lieu de former les jeunes du pays, et de les faire évoluer afin qu’ils se fassent petit à petit une place dans l’équipe première, on préfère recruter pour des millions de livres dans les championnats étrangers. Abramovitch n’a jamais hésité à mettre la main à la poche pour engager, contre des sommes astronomiques, des joueurs tels que Hazard, Torres, Drogba, Essien, Makélélé, Crespo, etc. Depuis son arrivée, le propriétaire russe a dépensé pas moins d’un milliard de livres sur le marché des transferts !

Mais en soi, pour les provinciaux d’Angleterre notamment, le club n’est que le reflet de la capitale anglaise : une plaque tournante économique où plus de deux millions d’étrangers se croisent quotidiennement.

 

Des acteurs antipathiques

Enfin, certains personnages majeurs de Chelsea connaissent parfaitement la réputation du club et n’hésitent pas à en jouer. Le premier d’entre eux n’est autre que José Mourinho.
Partout où il est passé, l’homme aux deux Ligues des Champions a attisé la colère de ses opposants et la haine des supporters adverses. Il aime cette ambiance, la confrontation avec ses détracteurs le fait même vibrer. Lors de son retour à Chelsea l’année dernière, il avait notamment déclaré en conférence de presse : « J’adore jouer à domicile, sentir la passion des fans de Chelsea, sentir qu’ils sont heureux de m’avoir avec eux. Mais j’aime aussi jouer à l’extérieur, sentir le soutien du public à l’équipe adverse et l’hostilité qu’ils me montrent ».
Adulé par les siens, rejeté, voire jalousé par les autres, le « Special One » garde quoi qu’il arrive son sang-froid, ce qui, actuellement, lui a permis de se bâtir l’un des plus beaux palmarès d’entraîneur en Europe. Et de faire par la même occasion, le bonheur de Chelsea et de ses supporters.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*